Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Accueil » Unités de paysage » 23/ Les confins de la Gâtine Tourangelle et du Loir » Description

Description


Un rebord de plateau entaillé de vallées faisant la diversité des paysages

Paysage ouvert du plateau entre Sasnières et Houssay     Paysage intimiste de la vallée du Niclos, Villedieu-le-Château,
La Gâtine Tourangelle s’achève auprès du Loir par un relief de plateau sillonné de vallées. Des petites rivières creusent le calcaire sous-jacent et font apparaître des coteaux alternativement raides et boisés ou souples et cultivés. Chacun des vallons offre un visage particulier : certains doux et bordés de coteaux émoussés, comme le long de la Brisse ; d’autres, plus marqués, dessinant un réseau de petits ruisseaux aux pentes douces et progressives, comme autour de Saint-Martin-des-Bois ; enfin, certains ruisseaux ont un gabarit plus régulier avec un fond de vallée atteignant à peine 200 mètres de large, souvent bordés de bois accrochés aux pentes raides, tels le Langeron, la Fontaine de Sasnières ou le Gondré, au sud est de Montoire-sur-le-Loir.
Cette morphologie contrastée est créatrice de paysages complexes, étroitement liés au relief et à l’eau : les éléments constitutifs du paysage - l’agriculture, les boisements, les villes et les villages – s’adaptent précisément aux conditions diversifiées  des milieux et apportent toute leur richesse aux confins nord de la Gâtine : zones humides, coteaux calcaires pentus, langues de terres aplanies, souples sommets de pentes…

Des paysages agricoles contrastés

Grande culture sur une langue de plateau entre les vallées du Langeron et de la Fontaine de Sasnières, le Temple, Langeron

Paysage de vallée à l’occupation du sol mixte, partagée entre prairies de fauche, pâtures et boisement, séquencé par des haies, La Billerie, Villedieu-le-Château     Exemples de lisière forestière complexes où s’entremêlent les prairies, le bocage et des petits bosquets, les Flotteries, Prunay-Cassereau
Au contact du Loir, les plates étendues céréalières de la Gâtine entrecoupées de petits bois cèdent progressivement la place à des parcelles plus modestes, à des horizons moins profonds et à des ambiances plus intimistes. En fond de vallée, l’agriculture s’enrichit de prairies de fauches et de pâtures, imbriquées dans un entremêlement de boisements et de ripisylves. Des paysages d’une grande fraîcheur s’offrent au regard, à la manière de ceux des confins de la Beauce, plus à l’est. Les abords des villages s’environnent d’un bocage préservé qui souligne la traditionnelle présence de pâtures à proximités de l’habitat. Autour, selon l’orientation des pentes, des boisements ou des  cultures se relaient pour former des terroirs agricoles complets liés à chaque site bâti.

Prairie pâturée récemment retournée pour être mise en culture, vallée de la Fontaine de Sasnières, les Grands Prés
Cependant, les cultures occupent de grandes surfaces : elles s’épanouissent principalement sur les sols plans du plateau, s’aventurent sur les pentes les plus douces des sommets de coteaux. Les céréales réapparaissent parfois en fond de vallée, au détriment des zones humides, drainées pour assainir les sols mis en culture. Cette tendance, bien que peu développée ici, conduit à une simplification des paysages et à un appauvrissement des milieux écologiques.

Des sites bâtis variés

Centre de Villedieu-le-Château, bâti en piémont et dont le château trône au centre de la vallée
Houssay, confortablement installé sur le coteau exposé au sud, face au Gondré     Ferme isolée bien installée au cœur d’un écrin douillet de végétation, le Temple, Langeron
La complexité des reliefs et des milieux est favorable à une grande diversité d'implantations bâties. Des fermes isolées ponctuent régulièrement l'espace agricole, bordées de vergers ou de grands arbres qui leur donnent une assise dans le territoire. Les villages de taille modeste sont principalement constitués d'anciennes exploitations agricoles, renforcés par des constructions denses du XIXe siècle en centre bourg, autour d'une église et d'une place.

Trois types de sites bâtis se rencontrent principalement :
-    les villages de piémonts : ils s'installent en bandes serrées au pied des coteaux, souvent complétés par de l'habitat troglodytique creusé dans le tendre tuffeau mis au jour par le creusement des ruisseaux. Les centres s'implantent légèrement à l'écart des cours d'eau, adossés au coteau et ouverts sur la vallée, tels Saint-Arnoult, Sasnières ou Saint-Rimay. Ils profitent parfois du fond de vallée pour dérouler des jardins et des prés comme à Villedieu-le-Château, où l'ancienne forteresse fièrement installée au cœur de la vallée s'entoure de deux ceintures successives de prairies et de petites maisons.
-    les villages de coteaux : ils grimpent à flanc de coteaux pour éviter la proximité immédiate de l'eau. Ils se postent à la confluence de deux rus, à la manière de Prunay-Cassereau ou de Saint-Martin-des-Bois, ou bien profitent d'un vallon abrité, comme Houssay, dominant ainsi la vallée et accédant en même temps au plateau.
-    les villages de sommets de coteau, en balcon : Villiersfaux est l'exemple le plus marquant de cette typologie bâtie, en équilibre entre le plateau et la vallée. Le village profite d'une pente douce et arrondie en sommet de coteau pour s'installer au milieu de l'espace cultivé, à mi-pente, évitant ainsi les difficultés liées à l'accumulation de l'eau en bas de pente, sans pour autant tourner le dos à la vallée et à ses ressources.

Une architecture à la double influence

L'habitat est marqué par la nature des sols et par l'influence des régions voisines de Gâtine et du Loir. Les matériaux et les formes architecturales diffèrent selon que les constructions se trouvent sur le plateau ou dans les vallées :

Ferme construite progressivement en juxtaposant des extensions aux bâtiments principaux, sortie nord-est de Sasnières
-    sur le plateau, les argiles à silex, présentes en nappage régulier sur le plateau, font écho à ceux du Perche, sur la rive opposée du Loir ; elles forment le matériau principal des constructions, alliant la brique, le torchis et les rognons de silex à des chaînages de calcaires dans des compositions complexes coiffées de tuiles. Les volumes sont très particuliers : les fermes se sont construites progressivement, en fonction des besoins des exploitants, en successions de petits bâtiments et d'appentis échelonnés : les pièces d'habitations sont jouxtées par les étables, les écuries, le poulailler, selon une taille décroissante qui dessine un faîtage anguleux s'abaissant progressivement.

Bâti calcaire coiffé d’ardoise dans la vallée du Gondré, Houssay     Caves troglodytiques creusées dans le tuffeau des coteaux, Saint-Arnoult
-    dans les vallées, le calcaire affleurant sur les coteaux est souvent mis en valeur dans des constructions aux volumes simples, dont l’harmonie colorée oscille entre le blanc, le gris cendré et l’ocre pâle, le tout rehaussé du gris sombre des ardoises des toitures. Les habitations sont souvent complétées de caves troglodytiques, généralement issues de l’excavation du matériau de construction de la maison. 

Une harmonie urbaine parfois déstabilisée par des constructions récentes dispersées

Entrée ouest de Houssay déstructurée par des constructions de bâtiments d’exploitation mal positionnés par rapport au site bâti     Constructions sur le coteau en rebord de vallée de la Fontaines de Sasnières
Les sites bâtis sont dans l’ensemble bien préservés. Les villages demeurent individualisés les uns par rapport aux autres, sans se rejoindre. Le relief donne souvent naissance à de belles routes paysages, comme celles qui longent le fond de vallée (RD 108 ou RD 80), ou bien encore celles qui traversent le plateau, notamment celles entre Sasnières et Houssay.
Cependant, les villages sont de plus en plus soumis à la pression de la demande en habitat individuel. Les vallées sont principalement touchées, comme à Saint-Arnoult par exemple. Les nouvelles constructions, issues des quarante dernières années, se disséminent au gré des opportunités individuelles, au détriment des sites bâtis, dont l’implantation précise est fragilisée ; des maisons s’implantent dans les fonds de vallées, sans cohérence par rapport au centre, uniquement guidées par une logique de réseau au fil de la route. Les paysages des vallées, caractérisés par des sites bâtis forts et un espace agricole de qualité, perdent leur lisibilité et se banalisent.

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