Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Description


Un vaste plateau agricole piqué de bois

Paysage de grande culture et de bois, Gâtine Tourangelle, Herbault     Vaste horizon dégagé limité par des lisières forestières lointaines, Beaulieu, Orchaise

Plateau de Gâtine Tourangelle ondulé à l’approche de la vallée de l’Orme et du Cissereau, Santenay     Traversée de petits bois bordant le vallon de la Petite Cisse, Bois de la Queue, Santenay

Exploitation entourée d’arbres et de fruitiers, la Fontaine, Santenay
La Gâtine se présente sur un plateau agricole aux paysages ouverts marqués par de grands massifs boisés et des boqueteaux épars et de tailles variées. Les horizons lointains sont ponctués de villages ou d'exploitation agricoles isolées. C'est le plateau de Beauce, constitué d'un socle de calcaire lacustre, qui se prolonge vers la Touraine, surmonté d'un nappage d'argiles à silex. Sur ces terres à la fois lourdes et plus caillouteuses qu'en Beauce, l'agriculture laisse par endroits la place à des bois qui occupent les moins bonnes terres.
Globalement aplani, le relief s'anime par endroits de légères ondulations en rebord de la vallée de la Cisse, de la Loire, ou de la Brenne. Ces trois vallées drainent les eaux de surface du plateau à travers des micros vallons qui se creusent petit à petit en atteignant la couche calcaire sous-jacente. Ces entailles dans le plateau constituent des paysages particuliers, plus verdoyants et intimistes,  bornés par les coteaux boisés.

Quelques rares haies sont par endroits encore visibles à proximité des villages et des fermes isolées, délimitant quelques pâtures ; ailleurs, sous l'influence de la Beauce voisine, elles ont aujourd'hui reculé avec la progression de la grande culture au détriment du système traditionnel de polyculture où s'ajoutaient l'élevage et la vigne. Aujourd'hui, les paysages sont davantage marqués par une juxtaposition de forêts et d'espaces ouverts dominés par les céréales et les oléagineux. Quelques grands massifs se distinguent : la Forêt de Prunay et d'Herbault ou les Bois de la Fuselière et de la Bande Blanche forment d'épaisses lisières qui cernent de vastes surfaces agricoles ouvertes et limitent les horizons de la Gâtine vers la Touraine ou vers la Beauce. Ailleurs, de petites parcelles boisées privées constellent le plateau jusqu'à donner des impressions de vastes clairières.

Des paysages plus complexes aux abords de la vallée de la Loire

Paysage de vignes et de bois le long de la RD 43, Entre Mesland, sur le plateau, et Meuves, dans le Val de Loire     Ouverture visuelle vers la vallée de la Loire grâce aux vignes, la Poterie, Meuves
Les paysages du sud de la Gâtine Tourangelle sont davantage festonnés par le creusement des vallons affluents de la Loire. Les bois, plus nombreux à l'approche des rebords de vallées, forment des clairières à l'échelle des exploitations. La grande culture domine toujours dans l'espace productif, mais la présence des lisières forestières plus proches et les ondulations franches du sol permettent de rompre avec la monotonie parfois sensible au cœur du plateau.
L'occupation du sol est également plus variée, laissant s'installer en rebord de la vallée de  la Loire les premières vignes de Touraine : un vignoble important d'appellation Touraine-Mesland s'étire ainsi au nord de Monteaux et d'Onzain.

Des fermes isolées qui constellent le territoire

    Ferme de Laurière, dont les matériaux de construction ont été extraits du sol en place, comme en témoigne la mare, Saint-Cyr-du-Gault
Ferme de la Pelleterie, associée à sa mare, Santenay     Ferme de Bonin, dont le site d’extraction des matériaux de construction est transformé en mare, Santenay
Les exploitations agricoles, bien que plus modestes en taille que celle de Beauce, marquent néanmoins le paysage de leur présence, étant isolées. Auprès de l'habitation ancienne, une mare témoigne souvent du site d'extraction des matériaux ayant servi à sa construction.

Exploitation de grande taille, apparaissant au dessus des cultures, le Châtelier, Santenay     Bâtiment d’exploitation affaiblissant la qualité des paysages par sa couleur et son implantation, le Grand Rouillis
Les bâtiments d'exploitation, le plus souvent en appui sur une lisière boisée, émergent des cultures pour former des îlots bâtis entourés de quelques arbres, d'un verger et de petites pâtures. Des silos et hangars de tôle ont permis l'extension de la ferme et son adaptation aux besoins agricoles contemporains. Leurs tailles souvent imposantes, leurs couleurs trop claires et l'absence d'appui végétal les rendent généralement trop présents dans les paysages.

Des villages à proximité de l’eau et visibles de loin

Landes-le-Gaulois, dont l’urbanisation glisse le long de la pente de la Cisse Landaise     Village de Landes-le-Gaulois, dont les rues pentues parcourent les coteaux de la Cisse Landaise

Mesland, bordant les berges de la Petite Cisse de ses jardins     Villeporcher, construit sur les pentes raides de  la Brenne

Site bâti de Lancé, presque dissimulé derrière la ripisylve de la Brenne
Les paysages ouverts de la Gâtine sont ponctués de villages installés le plus souvent auprès de modestes cours d’eau, occupant les hauts de pentes ou les coteaux ; le plateau reste quant à lui destiné à la production agricole avant tout. Les centres profitent généralement d’une petite boucle ou d’un coteau adouci, comme Meslay, Santenay ou Villechauve ; ils s’installent parfois à la naissance de plusieurs ruisseaux, comme Villeporcher ou Saint-Etienne-des-Gérets ; Saint-Amand-Longpré traverse la Brenne et occupe les deux rives, s’étirant au fil de la D 108. Seul Herbault s’installe sur une sommité en lisière de forêt, à l’écart des principaux cours d’eau. Ces situations permettent de voir s’affirmer les silhouettes bâties au loin, caractérisant ainsi les villages les uns par rapport aux autres. Ces sites sont cependant fragiles : le relief peu marqué et la faiblesse des transitions entre bâti et grandes cultures les rendent très sensibles aux extensions bâties mal implantées.

Une architecture qui valorise la diversité des matériaux

Utilisation du calcaire pour la construction des communs du Château du Fresne, Authon

Architecture mixte de Villeporcher : pans de bois, torchis, briques…     Centre d’Authon, marqué par la belle régularité des volumes bâtis et par l’harmonie colorée de calcaire et de briques
La Gâtine Tourangelle recèle un grand nombre de matériaux de construction. L’architecture à pans de bois et torchis jouxte celle en briques ; certaines habitations font apparaître une structure en moellons de calcaire ; d’autres mêlent silex et poudingues dans la fabrication des murs. Tous ces matériaux sont issus d’un sol constitué d’argile à silex en surface et de roche calcaire en profondeur. L’architecture de Gâtine Tourangelle apparaît ainsi comme une sorte de patchwork géologique dont les tons et la diversité permettent à chaque village d’affirmer une qualité propre, en accord avec son site bâti : topographie, matériaux du sous-sol, proximité de l’eau, toutes ces caractéristiques marquent les constructions et l’atmosphère qui se dégage de chaque village.

Des extensions qui ne prennent pas en compte les sites bâtis

Zone d’activités de qualité médiocre en entrée de ville, Authon, RD9     Site bâti de Santenay surplombant le Cissereau, affaibli par la présence dispersée de bâtiments agricoles et de maisons individuelles descendant auprès de l’eau
A l'inverse des centres constitués, les extensions récentes d'urbanisation telles celles de Saint-Amand-Longpré par exemple, s'installent le plus souvent sur des terrains plats, consommant ainsi une part des terres agricoles en périphérie de village. Les nouvelles habitations et les zones d'activités, implantées le long de la route, se marginalisent par rapport aux anciens quartiers en ne tenant pas compte de la pente, de la présence de l'eau ou des vents dominants : les habitations sont disposées les unes à côté des autres, sans transition ni relation avec l'espace agricole ; l'architecture banale n'est pas révélatrice des matériaux constitutifs des sols sur lesquels elle s'implante. L'unicité de chaque village disparaît peu à peu derrière des constructions identiques les unes aux autres à travers tout le territoire.

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