Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Description


Une vallée dont les marges sont travaillées par ses affluents

Le Cher et ses coteaux raides et boisés, Châtillon-sur-Cher
Large de deux à trois kilomètres, la vallée du Cher autour de Saint-Aignan est irrégulièrement bordée de coteaux festonnés, formant des ondulations plus ou moins amples à la manière d'un drapé. Elles apportent une complexité qui enrichit les paysages du Cher :
-    en rive droite, la Sauldre et la Rennes entaillent profondément le sol sableux et calcaire des confins de la Sologne Viticole en y imprimant de petites vallées aplanies ; elles dessinent des ouvertures dans la plaine du Cher et guident vers des paysages voisins très contrastés, où dominent la vigne et les bois ;
-    en rive gauche, le Fouzon vient également élargir la plaine en pente douce avant de rejoindre le cours du Cher. Des vallons creusés dans les craies à silex et le tuffeau sont parcourus de petits ruisseaux qui rejoignent perpendiculairement le Cher, comme le ruisseau de Seigy, de Civière, de la Puissée ou de la Fontaine. Ces petites sinuosités imprimées dans le coteau forment une dentelle plus fine qu'en rive droite et animent le coteau de quelques ouvertures comme celles du Modon ou du Traîne Feuille, offrant des ambiances de vallées fraîches et préservées à l'écart du grand couloir du Cher.
Sur les deux rives, d'autres vallons secs animent les marges de la vallée, coiffés de bois dans leur partie haute et ouverts et cultivés sur les bas de pentes arrondis.

Une eau présente sous diverses formes

Berges du Cher, valorisées par un espace de nature ouvert au public, Saint-Aignan     Berges et quais mettant en scène la relation entre le site bâti de Selles-sur-Cher et sa rivière

Le Canal de Berry, bordé de jardins et de plantations d’arbres, Châtillon-sur-Cher
Depuis les plus petits ruisseaux jusqu’à la paisible rivière, en passant par le canal, les cours d’eau apportent une part de sa richesse à la vallée. Ils confèrent au paysage une complexité qui se nourrit de leur proximité, de leur diversité et parfois de leur imbrication :
-    le Cher, qui dessine des méandres et des boucles à travers la plaine, s’installe en pied de coteau jusqu’aux Martinières, puis traverse la vallée pour rejoindre Saint-Aignan en se contorsionnant et longe enfin le coteau sud avant de s’en éloigner progressivement pour rejoindre Thésée au nord. Il s’accompagne d’une végétation souvent importante qui le rend très discret à la belle saison, mais le laisse entrevoir en hiver ;
-    les deux principaux affluents du Cher, la Sauldre et le Fouzon, dessinent à leur tour des situations et des paysages différents : quand le premier rejoint le Cher directement en creusant un vallée régulière et une confluence élargie, le second contourne la vallée pour se loger au pied du coteau de la rive gauche et s’écouler longtemps dans la vallée du Cher avant de le rejoindre. La Sauldre dessine une vallée à part entière qui rompt la continuité du coteau de la rive droite tandis que le Fouzon émousse et lime ses marges, amorçant un parcours en plaine enchâssé dans un couloir boisé quasiment continu ;
-    en retrait, construit selon une faible pente sur le coteau de la rive droite, le Canal de Berry vient se jeter dans le Cher entre Saint-Aignan et Noyers-sur-Cher. Un large bassin issu d’un ancien méandre inondé reçoit ses eaux. Sur son chemin, il croise la Sauldre qu’il franchit par un pont-canal de pierres taillées à plusieurs arches, et reprend son cours en pied de coteau à Châtillon-sur-Cher. Il aborde avec une belle élégance des paysages variés, côtoyant plaine, coteaux et vallées, traversant les villes et villages en les prolongeant souvent d’une promenade enherbée, comme entre Noyers-sur-Cher et les Martinières, où il est planté d’un alignement d’arbres.

Une vallée partagée entre céréaliculture et prairies

Ripisylve du Cher, offrant une enveloppe végétale à la petite plaine qui s’étend jusqu’au Fouzon, Selles-Sur-Cher     Petits vergers installés sur les rives du Cher, à l’aval de Saint-Aignan

Grande culture installée dans la vallée, entre Mareuil et Pouillé
Plusieurs paysages agricoles se succèdent tout au long de la vallée, sans jamais se ressembler. Malgré des phénomènes de simplification de la structure agricole, la diversité d'occupation des sols peut produire des paysages de qualité, rythmés et soutenus par une persistance des structures végétales à travers les pratiques agricoles  contemporaines :

-    A l'amont, au pied de Selles-sur-Cher, les paysages agricoles tranchent franchement avec ceux de Gièvres : les parcelles enfrichées cèdent la place à de grandes surfaces céréalières dénuées d'arbres et de haies. A l'inverse, entre le Cher et le canal de Berry, des plantations uniformes de peupleraies occupent massivement le pied de coteau de la rive droite. Ces peuplements monospécifiques accentuent la simplification des paysages à l'oeuvre dans ce secteur et viennent occuper des terres agricoles en comblant visuellement le fond de vallée.
-    L'entrée du Fouzon dans la vallée produit un nouveau paysage : une petite plaine céréalière s'ouvre dans le triangle formé par la rencontre du Cher et de son affluent. La disparition progressive des haies bocagères est contrebalancée par des ripisylves, au nord et au sud, qui apportent un peu de douceur et profusion végétale à l'espace agricole.
-    En rive droite du Fouzon, un parcellaire encore modeste est identifiable grâce à la présence affirmée de bocage ; les cultures y partagent le fond de vallée avec des prairies largement majoritaires. La qualité de ces paysages champêtres se prolonge longtemps, jusqu'à rejoindre les berges à Saint-Aignan et Noyers-sur-Cher.
-    En direction de la confluence avec la Rennes, la vallée présente une structure foncière variée, avec des grandes parcelles carrées sur les marges et des petites parcelles laniérées de prairies et de vergers sur les berges du Cher.

Apparition de la vigne sur le rebord nord de la vallée

Ouverture sur le lointain depuis les vignes de la rive droite, rendu possible grâce à une gestion appropriée de la végétation des coteaux, Les Martinières, Noyers-sur-Cher     Paysage de vignobles sur les rebords de plateau de la Sologne Viticole, Noyers-sur-Cher
Avec la disparition progressive des bois de Grande Sologne en sommet de coteaux apparaissent les vignes de la Sologne Viticole. Les rebords du plateau sont presque entièrement couverts  de vignes qui dessinent un paysage nouveau et valorisant pour la vallée : depuis le sommet des coteaux, le vignoble offre un premier plan soigné qui laisse passer le regard et permet de profiter de larges panoramas sur le Cher et ses rebords. Il signe l'image d'un territoire qualitatif tant sur le plan économique que paysager, ce qui est confirmé par l'AOC Touraine majoritairement planté, dont la valeur ajoutée contribue à la force du territoire. En rive  gauche, ce sont les vignobles des Coteaux du Cher qui viennent border le territoire et offrir un paysage tout aussi peignés. Cependant, les ouvertures sont parfois masquées par une végétation de coteau importante, qui demande à être gérée pour maintenir des points de vue sur le lointain.

Une urbanisation qui magnifie les sites bâtis

Urbanisation remontant le long du vallon de Saint-Aignan     Urbanisation de piémont de qualité, Mareuil-sur-Cher

Site bâti spectaculaire de Saint-Aignan, valorisé par le recul de la vallée, pont de Noyers-sur-Cher à Saint-Aignan     Noyers-sur-Cher, dont la silhouette apparaît au-dessus de la végétation de berges
L'implantation du bâti, à l'image de la variété de situations offertes par le relief et l'eau, se manifeste sous des formes très différentes. La proximité du Cher, le festonnement régulier des coteaux, et la présence de tuffeau ont permis aux villages de profiter de situations plus ou moins élevées pour se développer, en rive droite comme en rive gauche :
-    l'habitat s'installe volontiers au creux de vallons secs ou de petites vallées, privilégiant une situation surélevée par rapport au Cher et remontant doucement en direction du plateau. Ce sont généralement de petits groupes bâtis, limités dans leur développement par l'étroitesse du site choisi : Trévety, la Rue, les Martinières, l'Aubrière, ou le centre de Seigy par exemple ; quelques bourgs ont choisi de se développer ainsi, ce qui donne parfois lieu à des queues d'urbanisation distendues au fil de la route, comme à Châtillon-sur-Cher ou à Saint-Aignan ;
-    d'autres petits sites bâtis profitent des piémonts légèrement surélevés par rapport à la plaine pour développer une urbanisation linéaire groupée. Elles barrent parfois des petits vallons et profitent ainsi de la route qui s'accole au pied de coteau tel Couffy, Pouillé ou Mareuil-sur-Cher ;
-    le relief donne aussi lieu à des situation spectaculaires de construction à flanc de coteau : à Saint-Aignan, la ville surmontée de son château, se présente face au pont qui enjambe le Cher. Le centre est placé dans l'axe du pont et offre un paysage urbain remarquable en venant de Noyers-sur-Cher. La trame urbaine est largement installée dans la pente, en piémont du coteau, tandis que le château s'élève sur un éperon rocheux dominant la vallée.
-    quelques villes de plaine se sont également développées, comme Selles-sur-Cher, dont le centre ancien est entièrement tourné sur la rivière, installée en rive gauche dans la plaine agricole.

Une architecture qui met en scène les différentes ressources du sous-sol

Dernières traces de la brique, présente dans la construction du château de Selles-sur-Cher

Beau patrimoine bâti en calcaire, enclos de murs  de pierres, Meunes     Centre très lumineux de Mareuil-sur-Cher, dont l’unité est apportée par le calcaire et la tuile plate
L'urbanisation du cœur de la vallée du Cher correspond à une transition entre celle des confins de la Sologne, à l'amont, et celle de la vallée de Montrichard, à l'aval : l'urbanisation prend dès Selles-sur-Cher une coloration très différente de la séquence amont, qui était influencée par la Sologne. La brique disparaît presque entièrement pour céder la place au calcaire, donnant aux villages des teintes très pâles allant du blanc au gris cendré, rehaussé de touches ocre apportées à l'occasion par le silex et d'un gris profond pour les toitures d'ardoises : on entre dans le pays du tuffeau. Tout ce secteur a fait l'objet d'extractions importantes, profitant du Cher pour exporter ses produits. Localement, le tuffeau a façonné l'image du territoire, caractérisant la belle demeure citadine comme la modeste cabane de vigne. La rive gauche est également marquée par une urbanisation troglodytique ou semi-troglodytique qui apparaît après Saint-Aignan et se manifeste pleinement à Mareuil, ou des caves successives bordent le pied de coteau du ruisseau de la Fontaine.

Une urbanisation sous pression

Problème de mitage du coteau Châtillon-sur-Cher     Problème d’urbanisation individuelle auprès du Canal de Berry, sans traitement des limites urbaines ou des espaces publics, ouest de Selles-sur-Cher

Exemple d’urbanisation linéaire au bord de la RD 956, montrant clairement les constructions nouvelles sortant de l’enceinte arborée du village, le Berquin, Selles-sur-Cher     Urbanisation linéaire banale en rebord de plaine agricole, Saint-André, Saint-Aignan
La pression du développement exercée par Saint-Aignan, Noyers et Selles-sur-Cher est nettement lisible dans le paysage de la vallée : ces villes ont suscité un développement important de constructions isolées, généralement à flanc de coteau ou au fil de la route. Leur présence dans la vallée s'affirme et prend le relais de Montrichard à l'aval, ainsi que de Tours, dans le département voisin de l'Indre-et-Loire. Hameaux et villages se rejoignent progressivement aux dépens des paysages de coteaux de plus en plus mités, où les coupures d'urbanisation se font rares.
Les infrastructures, souvent juxtaposées les unes aux autres en pied de coteau, augmentent encore ce phénomène, corsetant les centres anciens qui ne trouvent de solutions de développement que sur les coteaux ou en sommet de pente.
Cette dynamique déjà largement engagée offre une image de la vallée très construite, aux sites bâtis fragilisés par un mitage progressif qui dévalorise à la fois les paysages des abords de routes, des coteaux et des sites urbains.

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