Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Description


Carte 3D de l'unité 14     Carte 3D zoomée de l'unité 14

Une vallée de la Loire dissymétrique

Remarquable façade bâtie de Blois sur la Loire

Coteau de la rive droite de la Loire, depuis le quai Aristide Briand     La vaste plaine agricole en rive gauche, Chailles

Route en  levée, depuis le sud en direction de Blois
A Blois, la Loire poursuit son cours régulier entamé plus à l'amont, dessinant une vallée large de 1,5 à 2,5 kilomètres et maintenue entre deux coteaux raides hauts de 40 mètres environ. Deux vallées viennent cependant enrichir et complexifier le relief : le Cosson en rive gauche, qui vient de Sologne et longe la Loire jusqu'à Candé-sur-Beuvron, et l'Arrou en rive droite, qui naît dans la forêt domaniale de Blois et creuse un vallon aujourd'hui pris dans le cœur historique de la ville. La Loire, qui longe le coteau nord, borde en rive droite le rebord de la vallée en grande partie urbanisé par Blois et la Chaussée-Saint-Victor. Sur la rive opposée, le coteau est occupé par la vaste forêt de Russy et les villes de Vineuil et de Saint-Gervais-la-Forêt. Dans la plaine, une levée préserve partiellement le faubourg de Vienne des crues de la Loire, dégageant ainsi un vaste espace agricole aujourd'hui en recul face à l'urbanisation diffuse.

Une ville visuellement raccordée à son paysage

Silhouette de Blois sur la plaine agricole de Montlivault

Vue de Blois depuis le plateau agricole de Beauce, les Davières, nord de Blois
Depuis la vallée, Blois apparaît comme un « amphithéâtre », selon le mot de Victor Hugo, marqué par les flèches de ses édifices visibles à plusieurs kilomètres. Les plateaux de part et d'autre de la Loire offrent également des points de vue sur la ville : sur le plateau de Beauce, les tours des quartiers récents de la ville se détachent à l'horizon, tandis que depuis l'orée de la Sologne, la silhouette bâtie ancienne se dresse à l'aplomb du coteau. L'ensemble urbain montre finalement une belle cohérence, même après la construction des nouveaux quartiers sur le plateau. Elle se lit toujours comme une ville au cœur de son territoire, à l'articulation du plateau et de la vallée.

Un centre-ville tout entier tourné sur la Loire, marqué par des silhouettes remarquables

Silhouette bâti de Blois et le pont Jacques Ange Gabriel depuis le Quai Aristide Briand

Escaliers de la Rue Saint-Laumer     Escaliers de la place Etienne Gaudet, adossés aux remparts du Château

Escalier  monumental Denis Papin, qui dévale le coteau de la Loire

Les faubourgs de Vienne
Le cœur ancien de Blois est accroché au coteau raide de la rive droite, et l'urbanisation, adaptée à cette topographie, dévale les pentes par de nombreux escaliers pour rejoindre les quais édifiés au milieu du XVIIIe siècle. Il s'enroule autour du château par des ruelles étroites, épousant les moindres mouvements du coteau, chahuté par le creusement de l'Arrou.
Originellement développée sur la rive droite du fleuve, la ville occupe aujourd'hui une bonne partie de la plaine en rive gauche : le faubourg de Vienne, attribué aux pêcheurs, avec le port de la Creusille, les maisons basses des mariniers de Loire et l'église Saint-Saturnin, continue de croître aujourd'hui ; de nouvelles infrastructures routières desservent les zones d'activités et les logements qui y sont implantées. En rive droite, la ville est remontée sur le plateau Beauceron, où elle s'avance aujourd'hui jusqu'à jouxter l'autoroute A10.

Quais de Blois au pied du Château     La Loire urbaine, quais Saint-Jean

Eglise Saint-Nicolas et abbaye Saint-Laumer     Toits de Blois, quartier de la Basilique Notre-Dame de la Trinité

Vue sur les toits de Blois depuis la terrasse de l’Hôtel de Ville
Depuis la Loire, enjambée par le magnifique pont Jacques-Ange Gabriel, la ville déploie amplement ses pentes habitées d'où surgissent les silhouettes aiguës des principaux monuments : flèches de l'abbaye Saint-Laumer, église Saint-Nicolas, château, église Saint-Vincent, cathédrale Saint-Louis… L'ensemble domine le petit peuple des maisons, tenu dans une symphonie rigoureuse à trois notes de couleurs : le blanc des façades de tuffeau, le gris bleu des ardoises en toiture, et les points rouges des cheminées de briques. Au sein de cet ensemble, curieusement, le château de Blois apparaît presque discret. Découvrant la ville depuis la Loire, Victor Hugo la décrit ainsi : « J'ouvris les yeux et je vis mille fenêtres à la fois, un entassement irrégulier et confus de maisons, des clochers, un château, et sur la colline un couronnement de grands arbres et une rangée de façades aiguës à pignons de pierre au bord de l'eau, toute une vieille ville en amphithéâtre, capricieusement répandue sur les saillies d'un plan incliné […] »

Inversement depuis la ville, de nombreux points de vue s'ouvrent également sur le lointain. Depuis les terrasses de l'Hôtel de Ville, ou bien depuis l'escalier Denis Papin se distinguent les forêts de Russy, de Boulogne et de Chambord, prolongées par la masse boisée solognote.
Face à la ville très architecturée, la Loire et ses îles offrent un visage naturel en contraste, qui contribue à la valeur du site. Les berges buttent contre les quais de pierre taillée, tandis que la végétation spontanée qui s'y développe, tranche avec la rigueur du bâti.

Un site urbain enrichi par la proximité immédiate de grandes forêts

La lisière de la Forêt de Blois depuis la vallée de la Loire
Chemin forestier propice aux loisirs des citadins Blésois     Quartiers récents installés au contact de la lisière de la forêt domaniale de Blois
Les forêts à proximité immédiate de Blois participent directement à la qualité de son cadre de vie. Elles constituent une limite d’urbanisation durable qui procure à Blois son écrin. Depuis le centre-ville, en quelques minutes, il est possible de gagner les forêts domaniales de Russy, de Blois, de Boulogne ou encore de Chambord. Percées de grandes allées de chasse faciles à parcourir, elles constituent un cadre de nature dont les habitants profitent largement pour leurs loisirs. Des quartiers se sont développés aux marges des forêts les plus proches (forêt de Blois, forêt de Russy), profitant à la fois de la proximité du centre-ville et du massif au quotidien. En lisière de la forêt de Blois, la relation de l’urbanisation à la forêt est assez douce, grâce au maintien d’un recul des habitations par rapport à la lisière et d’accès aménagés au bénéfice du public. Côté agricole, le paysage de lisière s’enrichit par l’heureuse irrégularité des limites entre champs et forêt.

Une périphérie marquée par une urbanisation diffuse et linéaire

Extension de Blois sur le coteau nord de la Loire, depuis la RN 152

Urbanisation aléatoire, en pied et en sommet de coteau, Les Grouëts, Blois     Coteau sud de la Loire, où s’est développée l’urbanisation dilatée de Vineuil et Saint-Gervais-la-Forêt

Urbanisation sur les rebords du coteau à la Chaussée-Saint-Victor

Traversée du faubourg de Vienne encombrée et peu aménagée, dans le prolongement de la RD 956     Problème d’aménagement de l’espace public dans les quartiers pavillonnaires récents
De grandes extensions urbaines jouxtent le centre historique de Blois, classiquement constituées de grands ensembles de logements, de zones pavillonnaires et de zones d'activités banals. Progressivement, la ville s'est rapprochée des voies de communication existantes puis les a dépassée. Ces extensions sont principalement développées autour de la RN 152, de la voie ferrée et de l'A10 au nord, et de la RD 951 et RD 956 au sud. Désormais, c'est l'autoroute A 10 qui définit la limite nord d'urbanisation de Blois. Au sud, la RD 951 fait office de rocade, contenant l'essentiel de l'urbanisation de plaine. Entre Blois et Saint-Gervais-la-Forêt, le Cosson impose une coupure d'urbanisation en plaine inondable. La pression de Blois se fait d'ailleurs fortement sentir dans les communes voisines : la Chaussée-Saint-Victor est aujourd'hui agglomérée avec Blois, tandis que Vineuil et Saint-Gervais-la-Forêt ont colonisé une grande partie de leur territoire communal par de l'urbanisation diffuse et linéaire, au détriment des terres agricoles et de la lisibilité des sites bâtis.

Entrée nord de Blois, aménagée et plantée

Parc A10, aménagé avec soin à l’entrée nord de Blois

Maintien appréciable d’un grand recul entre la zone d’Activité Parc A10 et la route plantée
Un projet de qualité, cependant, se distingue en matière d'extension urbaine : le préverdissement de la zone d'activités Parc A10, entre Blois et la Chaussée-Saint-Victor, montre qu'une véritable réflexion menée en cohérence avec le territoire, apporte au projet une qualité et une image valorisantes. L'espace public est traité, l'architecture des bâtiments est soignée, les plantations en grand nombre sont constituées d'essences locales, un recul important des bâtiments d'activités vis-à-vis des voies de circulation a été mis en œuvre, évitant le traditionnel problème des entrées de villes banales et médiocres.

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