Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
CAUE 41      Plan du site | Imprimer la page | Recherche | Lexique | Contact

Accueil » Unités de paysage » 13/ La Loire patrimoniale de Mer à Blois » Description

Description


Une vallée régulière entre Beauce et Sologne, où les vues se répondent d’une rive à l’autre

La Loire coulant au pied du village de Saint-Dyé

Marge nord de la vallée de la Loire, en contact direct avec la Beauce céréalière     Piste cyclable reliant directement Saint-Dyé au château de Chambord à travers la forêt solognote

Coteau de Suèvres, contre lequel vient prendre appui le bâti     Le coteau de la rive gauche et le village de Saint-Dyé
La séquence du Val de Loire à l’amont de Blois s’inscrit entre deux paysages puissants et contrastés : au nord, les immenses et lumineuses étendues céréalières de la Beauce ; au sud, les non moins vastes étendues ombreuses des forêts Solognotes, discrètement parsemées d’étangs. En rive droite, les paysages de Beauce s’achèvent aux portes des villes et des villages, avant que ceux-ci ne basculent sur le coteau ; depuis la vallée, les étendues Beauceronnes restent ainsi plutôt discrètes. En rive gauche, la Sologne s’annonce par des horizons boisés successifs, quelques bouquets d’arbres cadrant des parcelles cultivées et des carrés de vignes. L’ensemble compose d’élégantes transitions douces et progressives entre vallée de la Loire et plateau Solognot.
Les coteaux délimitent de façon régulière la plaine agricole. Bien que modestes, ils suffisent à ouvrir des vues réciproques valorisantes entre les deux rives. Ils atteignent 15 à 20 mètres sur la rive beauceronne pour seulement 10 à 15 mètres sur la rive solognote.

Un espace agricole dominé par la grande culture

Levée de la Loire séparant les terres humides occupées par les pâtures des terres asséchées cultivées, les Prâles, Mer

Plaine agricole dépourvue de toute structure végétale, en vis-à-vis du château de Ménars, Nozieux, Saint-Claude-de-Diray
La fertile plaine de la Loire est globalement vouée à la culture intensive depuis que le drainage des terres est maîtrisé à grande échelle. Les horizons dégagés et l'absence presque totale d'arbres dessinent des paysages très ouverts. Ces étendues permettent une belle lisibilité des coteaux, magnifiés par les sites bâtis que composent les villages ou châteaux, mais peuvent également engendrer des paysages monotones.
Aujourd'hui, les dernières structures végétales séquençant l'espace agricole sont les ripisylves de la Loire et de ses affluents : la Tronne, qui prend sa source à Mer, s'accompagne de boisements qui remontent parfois sur les coteaux ;  le ruisseau de Mées, qui longe longtemps le coteau nord, s'ourle également de boisements qui se raccordent à ceux des coteaux ; la Petite Loire, qui correspond à un bras mort du fleuve, est entourée de marais et de bois. Quelques pâtures subsistent à proximité des cours d'eau tandis que les champs derrière les levées restent protégés des eaux. Tous ces cours d'eau participent au maintien d'une diversité des paysages et des milieux qui souffre ailleurs de l'intensification de l'agriculture ; seule la Grande Noue, qui court de Montlivault jusqu'à Vineuil, reste dépourvue de toute végétation : elle est calibrée en fossé de drainage et disparaît dans les vastes étendues cultivées

Des villages d’une grande qualité paysagère et architecturale qui se répondent visuellement d’une rive à l’autre

Village posté au bord de l’eau, visible depuis la rive gauche de la Loire, Cour-sur-Loire     Village de Suèvres, installé en vis-à-vis de Saint-Dyé

Route de Blois construite en rampe perpendiculaire au coteau, Montlivault     La RD 84 montant à l’assaut du coteau pour rejoindre Montlivault

Jardins installés en pied de coteau, en contrebas du village de Montlivault     La Tronne, s’écoulant entre les habitations au cœur de Mer
L’urbanisation, comme souvent à proximité des grands cours d’eau, s’est logiquement postée sur les coteaux de la vallée. D’une rive à l’autre, les silhouettes des villages de Muides, Saint-Dyé, Cour-sur-Loire, Montlivault et Saint-Denis-sur-Loire se distinguent et se répondent en écho au fil du fleuve. Le patrimoine architectural et urbain apparaît ainsi lisible, valorisé par une topographie subtile et par le recul majestueux assuré par le fleuve.
Installés dans la pente, les villages s’échelonnent autour d’une trame de ruelles serrées. Les centres denses sont aérés par de précieuses parcelles jardinées et encloses de murs.
Mer fait exception à cette typologie bâtie : le vallon de la Tronne, affluent de la Loire, permet à l’urbanisation de se lover à l’abri des vents dominants. Le centre-ville est réparti de part et d’autre du ruisseau qui devient un espace naturel public très précieux.

Château de Saint-Denis-sur-Loire, profitant de la berge pour étendre ses jardins en bord de Loire

Château de Ménars, entièrement tourné vers la Loire     Traversée de Ménard par la RN 152, bordée du mur d’enceinte du Parc du château
Des châteaux, souvent en rebord de terrasse, offrent un premier plan architectural majestueux, généreusement offert au regard. Ménars, Saint-Denis-sur-Loire ou Suèvres en sont l’exemple. En retrait, des petites maisons serrées, un clocher et des arbres imbriqués dans le tissu du village constituent les coulisses des bords de Loire. Cour-sur-Loire, par exemple, présente cette typologie bâtie particulière, de même que Ménars ou Saint-Denis-sur-Loire. Elle est particulièrement représentative de la rive droite, où le fleuve laisse peu de marge pour s’installer.
Le château de Ménars, construit au XVIIe siècle, fait littéralement face à la Loire, construit, selon le  style classique, avec la plus grande symétrie. Il est entouré d’un domaine boisé et jardiné dominant le fleuve. Une ancienne sablière fut aménagée en « désert » et donne accès aux berges du fleuve par des rampes maçonnées. Le village organisé autour du château est traversé par un bel alignement d’arbres et de hauts murs marquent la traversée du parc, de part et d’autre de la RN 152.

Calle de Saint-Dyé et sa grève enherbée     Calle du Vivier, Cour-sur-Loire

Murs d’enceinte des jardins de rive et promenade de bord de Loire, Cour-sur-Loire     Alignement de platanes sur la rive droite de la Loire, Saint-Denis-sur-Loire
En rive gauche, les villages sont plus souvent bâtis en rebord de plateau, à l’aplomb du coteau. Montlivault est ainsi accessible par une rampe perpendiculaire au coteau, mettant en évidence l’aspect protecteur du relief, l’ensemble composant un paysage de grande qualité. A Saint-Dyé, le village descend jusqu’au bord du fleuve, protégé des eaux par les hauts murs des jardins en rive. C’est par la cale qui relie le chemin de halage à l’eau que furent acheminées les pierres de construction du Château de Chambord. Un petit port similaire existe aussi à Cour-sur-Loire.

Maison de village, Saint-Dyé     Maison de village devant la place de l’église, Saint-Dyé

Patrimoine urbain du centre de Muides     Pont reliant des jardins par-dessus une ruelle, Montlivault

Passerelle menant d’un jardin à l’autre par-dessus la sente bordée de hauts murs, Saint-Dyé
Sur cette séquence de la vallée de la Loire, la qualité de l’architecture s’ajoute à celle des formes urbaines et des sites bâtis pour magnifier le paysage. Les constructions mettent à profit le calcaire affleurant sur les coteaux, leur donnant un caractère élégant et harmonieux, à la fois simple et raffiné : à Cour-sur-Loire, à Suèvres ou à Saint-Dyé. Les maisons anciennes arborent des linteaux en accolades, des fenêtres à meneaux et des appuis moulurés tandis que de beaux murs de pierre bordent les rues et délimitent des jardins ou des parcs arborés.
Quelques alignements d’arbres viennent encore ajouter à la majesté des paysages bâtis : à Mer, à Saint-Denis-sur-Loire, une voûte arborée couvre la route qui mène à la Loire.

Un fleuve aux paysages à la fois sauvages et doux

La Loire apparaissant discrètement derrière la ripisylve hivernale, levée de Saint-Denis-sur-Loire     Ripisylve et marais dissimulant la Loire et le village de Muides depuis la levée en rive droite

Îles de la Loire, Cours-sur-Loire
Iles de la Loire, depuis le chemin de hallage entre Muides et Saint-Dyé     Îles de la Loire face à Muides

Île de Muides, topographie comparée entre 1848 et 1957 – source : La Loire à Blois et en Loir-et-Cher, Jean-Marie Lorain, 1981
Au sein de la vallée, riche de son patrimoine architectural et largement dévolue aux grandes cultures, la Loire proprement dite apparaît paradoxalement sauvage et discrète, comme isolée du monde des hommes, bordée de marais, de grèves sableuses et de belles ripisylves. Pour l’admirer, il faut s’en approcher, marcher sur les chemins de halage qui traversent les taillis, ou se poster sur les belvédères offerts par les villages. Les sables et limons, arrachés par l’érosion et transportés par les eaux, se déposent au gré des courants pour former des îles aux couleurs claires, aux formes souples et aux textures douces, qui contribuent de façon prégnante à la qualité des paysages de la Loire. Ces bancs se fixent temporairement grâce à la végétation. Le même phénomène les amène à se rattacher progressivement au pied de coteau par ensablement des bras morts du fleuve. Les îles se transforment alors en longues bandes de terre, couturées aux berges par une dépression humide conquise par une végétation spontanée : les anciens « rios fainéants ».  Même rattachées aux berges, elles conservent leur appellation qui rappelle leur origine : île de Saint-Dyé ou île de Nouan. Le couloir fluvial offre ainsi le refuge et la tranquillité nécessaires à la richesse de la faune et de la flore : le Râle des genêts, la Loutre d’Europe, le Castor d’Europe, le Saumon, l’Alose ou la Truite y prospèrent.

Une Loire aux ressources exploitées

Sablière du Domino, aux abords non traités peu valorisants, Suèvres
La Loire a accumulé au fil du temps des couches de matériaux qui composent aujourd'hui des terrasses alluviales. Elles sont souvent exploitées pour en extraire les précieux « sables de Loire ». Des carrières situées en vis-à-vis de Muides et près des Grillons, face à Saint-Dyé sur la rive droite, s'offrent plus particulièrement à voir et nuisent localement à la qualité des paysages par l'absence de traitement de leurs abords.

Des levées propices à la découverte

Route en levée sur la rive droite de la Loire, Suèvres

Route en levée offrant une large perception de la vallée de la Loire, RD951 à Montlivault     Chemin réservé aux piétons et cyclistes, levée de Blois à Ménars, Saint-Denis-sur-Loire
Les levées, créées à l’origine pour faciliter la navigation fluviale, sont devenues des lieux privilégiés de découverte de la vallée. Prise par la RD 951 très fréquentée, la levée sud offre surtout des dégagements visuels. La levée de la rive droite est davantage appropriable, parcourue par des petites routes ou des chemins qui relient les villages par la plaine. Certaines séquences sont réservées aux circulations douces et constituent un réseau de promenades très fréquenté par les habitants.

Des extensions urbaines qui progressent au fil de la route

Urbanisation linéaire entre le bourg de Saint-Denis sur Loire et Macé
Les villages, historiquement bien distincts les uns des autres, tendent par facilité à s'allonger au fil de la route, créant des risques de continuités urbaines dommageables : l'individualité de chaque village, marquée par une architecture et une forme urbaine propres, tend à se dissoudre dans l'ensemble de constructions neuves et standardisées des bords de routes ; ainsi, plutôt que de découvrir de loin le village abordé, le regard se porte sur une multitude d'éléments (publicités, panneaux, bâtiments d'activités, maisons isolées…) qui parasitent la perception d'ensemble. Entre Muides et Saint-Dyé, ce processus est avancé au point que les deux villages se rejoignent.

Certains sites urbains tels que Montlivalut ou Suèvres souffrent d'extensions mal maîtrisées : vastes zones d'activités récentes comprenant peu d'aménagements d'espaces publics, zones pavillonnaires dilatées et banales, bâti grignotant les terres agricoles, installations de bâtiments d'exploitation ou d'activités en premier plan de village…


Haut de page

Agence Folléa-Gautier, paysagistes-urbanistes
Ne pas reproduire sans autorisation
FEDER Centre   L´Europe en région Centre  DREAL