Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Description


Une plaine largement étendue et ouverte

Vue sur la Vallée du Loire depuis le village troglodytique de Trôo

Vue panoramique de la vallée depuis les coteaux habités de Trôo
La plaine du Loir et ses coteaux, depuis Poncé-sur-le-Loir
La plaine du Loir, faisant suite aux boucles vendômoises, compose une nouvelle séquence paysagère de la vallée : elle s'épanouit largement, bordée au nord  par un coteau raide haut de 40 à 50 mètres, et au sud par les coteaux en pente douce d'une trentaine de mètres de haut qui remontent sur plateau de la Gâtine Tourangelle. Cet élargissement soudain de la vallée est principalement dû à la confluence du Loir, de la Cendrine et du Merdreau. Le fond de vallée atteint jusqu'à 5,5 kilomètres de large entre Ternay et Trôo. L'ouest de la vallée se poursuit en un couloir plus régulier qui se referme légèrement à l'approche de la limite départementale.
Le Loir y a dessiné de légères terrasses alluviales qui font la transition avec les coteaux près de Trôo et de Ternay. Il s'ouvre parfois pour former quelques îles dont l'Île Verte évoquée par Ronsard, natif de Couture-sur-Loir : 

« Je veil, j'entends, j'ordonne,
Qu'un sépulchre on me donne
Non près des Rois levés
Ne d'or gravé,
Mais en cette Isle Verte. »

A proximité de ses rives, des carrières alluvionnaires ont été transformées en étangs artificiels discrets bordés de boisements. Ils contribuent à la diversité écologique des milieux humides mais apportent peu de qualité paysagère, du fait l'absence de valorisation des abords.

Une plaine où se côtoient des secteurs de grandes cultures et des secteurs bocagers préservés

Prédominance de la grande culture, entre Artins et Couture-sur-Loir
Grandes cultures en pied de coteau, Saint-Quentin-lès-Trôo
Persistance de trames végétales soulignant les paysages de la plaine, rives du Loir entre Trôo et Saint-Jacques-des-Guérets     Bel arbre isolé au milieu des pâtures, sud de Saint-Jacques-des-Guérets
L’agriculture a profité de la large et fertile plaine pour y développer récemment la céréaliculture intensive. Les parcelles, très vastes, ne laissent que peu de place aux ripisylves. Les champs s’étirent jusqu’à rejoindre le liseré lointain du coteau opposé. Quelques peupleraies viennent occuper d’anciennes prairies trop humides pour être mises en culture. L’ensemble compose un paysage ouvert et vaste qui s’offre largement au regard. Le bocage a disparu en grande partie. Pourtant, certains secteurs demeurent préservés comme à Couture-sur-Loir, près de la confluence avec la Braye, et près de Tréhet, où de nombreux ruisseaux sillonnent la plaine pour rejoindre le Loir ; des haies successives et des arbres y structurent encore largement l’espace agricole, offrant ainsi une belle diversité d’ambiances qui favorise le maintien de la richesse écologique et paysagère.

Une urbanisation de villages et de troglodytes

Le village de Trôo, construit verticalement contre et dans la falaise de tuffeau

Ruelle accrochée au coteau, Trôo     Centre bourg de Ternay, marqué par la présence du tuffeau dans l’architecture
L'urbanisation se répartit pour la plus grande part en petits villages de 300 à 500 habitants. Ils occupent généralement les coteaux ou les piémonts de part et d'autre de la plaine, libérant ainsi les terres les plus fertiles pour l'agriculture, tout en se protégeant des crues. Des hameaux ponctuent en outre la plaine, associés à leurs anciens domaines agricoles. Le positionnement à proximité des coteaux est favorisé par la présence de tuffeau dans les falaises de la vallée, permettant à la fois de construire aisément, le matériau étant facilement exploitable, et de profiter des salles d'excavation comme abris. Les habitations apparaissent  donc à demi creusées dans la falaise, seules les façades et quelques pièces venant en saillie des coteaux abrupts. Trôo offre un site particulièrement remarquable ; il s'étage étonnamment sur la falaise, les habitations comme superposées les une au-dessus des autres, desservies par des ruelles qui serpentent à flanc de coteau, l'ensemble étant mis en valeur par le recul offert par la plaine et par le pont qui enjambe le Loir.

Montoire, ville de plaine

Vue panoramique de la ville depuis les ruines de l’ancienne forteresse, Montoire-sur-le-Loir     La ville installée au pied de la forteresse médiévale, aujourd’hui en ruine, Montoire-sur-le-Loir
Comme Vendôme, Montoire fait figure d'exception dans l'organisation urbaine générale. Avec ses 4500 habitants, elle s'est étalée sur la plaine après avoir fondé son centre en piémont du coteau sud, sur les rives du Loir, à la faveur du pont et de la motte castrale qui domine l'ensemble. Depuis les ruines du château médiéval, une vue remarquable est offerte sur la plaine urbanisée : la silhouette de l'église Saint-Laurent jaillit au-dessus la mer de toits de la ville, tenue dans une harmonieuse palette de couleurs offerte par l'ardoise, la tuile plate et le tuffeau des façades. L'ensemble est d'autant plus appréciable que les doux coteaux de la rive opposée restent lisibles, encore préservés de l'urbanisation.

Un territoire sous la pression urbaine de Montoire-sur-le-Loir et de Vendôme

Entrée de ville de Montoire-sur-le-Loir, peu valorisée
Construction récente isolée dans la plaine agricole, La Billordière, Saint-Jacques-des-Guérets     Habitat diffus colonisant progressivement le coteau, Saint-Quentin-lès-Trôo
En périphérie de Montoire se sont développées des extensions urbaines qui ne montrent pas toujours la ville sous son meilleur jour. Elles se présentent sous forme de zones d'activités et de quartiers pavillonnaires qui rendent confuses les limites. Ce phénomène se lit surtout aux entrées de villes (RD 917, RD 108…)  et autour du quartier de la gare.

En secteur agricole, des constructions individuelles ont également vu le jour, venant miter la plaine ou occuper les coteaux pour profiter de la vue. Ce paysage sensible, où le relief contraint peu l'urbanisation, est fragilisé : des maisons individuelles s'isolent des centralités urbaines, des pavillons s'amoncellent en piémont du coteau de Chalay, à Saint-Quentin-lès-Trôo et de petites habitations apparaissent au fil de la RD8 qui traverse la plaine du nord au sud. Les bâtiments d'exploitation, visibles de loin, s'ajoutent encore aux habitations, produisant un paysage désorganisé et banalisé qui trahit la surconsommation de bonnes terres agricoles.

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