Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Description


Carte 3D de l'unité 10     Carte 3D zoomée de l'unité 10

Une vallée à la géographie complexe, riche de paysages

Vue sur la boucle de Thoré-la-Rochette depuis le village

Vallée agricole du Loir depuis le coteau nord de la vallée, Montrieux     La vallée du Loir depuis le coteau de La Barre, Les Roches-l’Evêque

Les paysages des boucles du Loir sont riches de complexité : alors que l'amont de la vallée reste empreint de calme et de sérénité, le Loir se contorsionne désormais en méandres serrés, tenus par un relief marqué par des coteaux à vif. La géologie explique cette nouvelle séquence de paysages : le tuffeau s'est substitué aux molles argiles du Perche. Issu d'une longue période de stratification des sédiments marins durant le Crétacé, il marque le paysage de sa présence. Ses teintes blanches, sablées ou ocre  apparaissent largement sur les falaises mises à nu par la rivière, et dans l'architecture traditionnelle.
Les directions changent, les situations se multiplient, contribuant à cette complexité labyrinthique synonyme de richesse et de diversité paysagère.
Selon leur exposition, les falaises et pentes sont tour à tours coiffées de denses boisements, nappées de fougères, ou occupées par une végétation plus méridionale à la faveur d'une orientation sud. Une grande variété de milieux, d'ambiances et de paysages fait finalement apparaître la vallée sous différentes facettes.
Plusieurs affluents tels la Brisse, le Gondré ou le Longeron contribuent à complexifier encore la géographie des boucles,  creusant eux aussi la roche-mère pour y imprimer de profonds vallons aux paysages souvent bien préservés. Ils créent ainsi des ramifications à l'intérieur du Perche Vendômois et de la Gâtine Tourangelle.

Vallée du Langeron, affluente du Loir, Lavardin

Vallée de la Fontaine de Sasnières, affluente du Loir, Villavard

Des coteaux globalement boisés, ponctuellement occupés par la vigne

Coteau nord du Loir occupé par le Bois du Chêne, face à Asnières

Coteau des Coutis, cultivé de vigne, Vendôme
Les boucles de la vallée exposent les coteaux à des orientations très diverses. Dans cette situation, les villages ont trouvé l'opportunité de développer différentes ressources. Les sites exposés au nord et aux vents sont couverts par des bois longtemps exploités pour le chauffage et qui servent encore aujourd'hui de réserve cynégétique. A l'inverse, les situations bien ensoleillées mais sèches accueillent la vigne, qui se plaît sur les argiles à silex organisés en bandes sur les rebords de coteaux. Ponctuellement, sur les pentes bien visibles, la vigne dessine des paysages soignés et peignés très valorisants. Si elle occupe majoritairement les coteaux exposés au sud, comme à Vendôme, quelques pentes opposées peuvent également être propices à son développement en fonction de micro climats : à Thoré-la-Rochette, l'éperon que forme la Brisse avec le Loir est couvert de vignobles classés AOC Coteaux du Vendômois.

Une agriculture soignée

Pairies et vergers au bord du Loir, Montrieux     Vallée agricole ouverte présentant de grandes parcelles cultivées, Asnières
Le fond de la vallée du Loir n'est pas de largeur constante : il s'ouvre et se resserre alternativement en fonction du rapprochement des coteaux qui le bordent. Il s'élargit à la faveur d'une confluence, comme à Saint-Rimay, où s'insinue le Gondré dans la vallée qui mesure alors 2 kilomètres ; il se contracte et ne mesure plus que 600 à 700 mètres de large entre les coteaux d'Asnières et de la Rochette. A l'aval de Vendôme, la vallée se transforme en une petite plaine large de deux kilomètres et demie. Selon ces dispositions, l'agriculture s'est adaptée et dessine tantôt le visage d'une vallée bocagère préservée et pâturée, tantôt celui d'une plaine agricole à fort rendement, découpée en grandes parcelles. Certaines séquences paysagères pâtissent d'une intensification importante, mais les paysages agricoles restent dans l'ensemble plutôt préservés.

En rive gauche, les ruisseaux du Langeron, du Gondré et de la Fontaine de Sasnières, sinuent à travers de petits fonds agricoles à l'aspect jardiné où s'imbriquent ripisylve denses, prairies encloses de haies et parcelles cultivées. Ces ouvertures précieuses dans les coteaux du Loir, verdoyantes et intimistes, invitent à découvrir d'autres ambiances, en transition douce avec les paysages  plus ouverts et monotones des plateaux de la Gâtine Tourangelle. En rive droite, ce sont les ruisseaux du Fargot, du Boulon et de la Boële qui ouvrent des perspectives vers le Perche Vendômois dans un cadre agricole moins préservé : les haies et les ripisylves ont ici en grande partie disparu.

Village perché de Thoré-la-Rochette, installé sur les coteaux de la rive gauche du Loir     Urbanisation allongée en piémont, issue d’installations troglodytiques, Asnières

Jardins en lanières en contre bas de la route qui sépare les habitations du Loir, Montrieux     Habitat groupé au pied des coteaux accompagnés de jardins et de prairies, Rochambeau

Présences fréquente d’animaux dans les jardins, Asnières
Les sites bâtis des boucles du Loir ont profité de la complexité de la géographie et se présentent sous trois formes, qui contribuent à la richesse paysagère de la vallée :
- les sites bâtis de plaine sont rares, mais Vendôme en est l'exemple le plus marquant. La ville s'est largement développée et rejoint les piémont des coteaux  de part et d'autre de la vallée ;
- les sites perchés tirent essentiellement parti des éperons dessinés par les méandres du Loir et les confluences. C'est le cas de Thoré-la-Rochette notamment, qui s'installe au dessus de la confluence du Loir et de la Brisse ;
- la situation de piémont est l'une des plus fréquentes. Les villages s'accrochent au bas des falaises et se concentrent en longues files régulières, dessinant des formes urbaines particulièrement originales en appui contre la falaise d'un côté et ouverts sur le fond de vallée de l'autre. C'est le cas de Montrieux, d'Asnières ou de Rochambeau. De l'autre côté de la route se succèdent les jardins potagers en lanières étroites parfois enrichis par la  présence d'animaux domestiques qui contribuent à l'attractivité des sites. Outre le bâti  traditionnel,  les villages de piémont sont souvent marqués par des habitations troglodytiques.

Une urbanisation marquée par la présence d’habitat troglodytique

Caves troglodytiques, Asnières

Village troglodytique des Roches-l’Evêque
Les boucles du Loir sont marquées par une architecture d'un type particulier,   l'habitat troglodytique, largement présent au fil de la vallée : à Asnières, Rochambeau, Montrieux, Clouseaux, Villavard, les Roches-l'Evêque ou Lavardin. Il met à profit les cavités issues de l'exploitation du tuffeau  pour en faire des pièces d'habitations. Le long de la route, en pied de coteau, les maisons s'organisent en peigne, perpendiculairement à la falaise, laissant deviner les ouvertures des caves, des champignonnières ou des pièces creusées dans la roche. Certaines sont même parfois spectaculairement enkystées dedans. Des cours et des jardins se succèdent entre les habitations.

Vendôme, ville de plaine

Vendôme vue depuis les Coutis, en rive droite

Vendôme dans la plaine du Loir, vue depuis les ruines médiévales, en rive gauche
Ruine de l’ancienne forteresse de Vendôme     Le Loir constituant une douve autour du centre médiéval de Vendôme
Alors que l'urbanisation  de la vallée est majoritairement accrochée aux coteaux, Vendôme fait exception à la règle : originellement installée en piémont et dominée par une massive forteresse médiévale, la ville s'est développée peu à peu dans la plaine. Elle est aujourd'hui toute entière inscrite dans le fond de vallée. Depuis les rives du Loir, qui se divisent en plusieurs biefs, elle a peu à peu repoussé ses propres limites. A l'intérieur de l'enceinte que représente la douve naturelle du Loir, confortée par de hauts murs de pierre taillée, le centre se compose de places et de ruelles bordées de maisons à colombage ou en calcaire. Le riche patrimoine bâti  du centre ville est marqué par la blancheur du tuffeau et les toits d'ardoises. A l'extérieur, les faubourgs et les quartiers plus récents ont progressivement gagné les terres agricoles de la vallée.

Les coteaux préservés, cultivés ou récemment replantés de vignes, magnifient le site urbain en composant ses horizons. Ils offrent des points de vue depuis chacune des rives, montrant Vendôme lascivement étendue qui présente une harmonie architecturale remarquable tenue par le tuffeau et l'ardoise. L'abbaye bénédictine de la Trinité, la tour de l'Islette, la chapelle Saint-Jacques dessinent, parmi d'autres édifices, la silhouette de la ville.

Des sites bâtis fragiles très sensibles aux extensions récentes

Surconsommation du fin et précieux espace du piémont, les Coutils, Langeron     Extensions urbaines dans la plaine de Villiers-sur-Loir, fragilisant le paysage urbain du village
Les sites bâtis, dans toute leur diversité et leur complexité, sont très sensibles à l'extension urbaine. Certains d'entre eux, comme Lavardin ou Thoré-la-Rochette, ont su préserver leur caractère tout en soignant leur image par l'aménagement d'espaces publics sobres et de qualité. Globalement, les villages demeurent groupés et leurs silhouettes bâties coiffent élégamment les coteaux construits. Pourtant, la pression exercée par Vendôme sur ses environs a largement contribué à fragiliser des sites tels que Naveil ou Villiers-sur-Loir.
Les sites troglodytiques apparaissent également sensibles et fragiles : construits selon une logique linéaire, ils souffrent aujourd'hui d'extensions urbaines au fil de la route. Ils tendent à être masqués par des maisons individuelles banales qui n'ont pas respecté l'organisation d'origine perpendiculaire à la falaise.

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