Atlas des paysages
du Loir-et-Cher
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Pourquoi un Atlas des paysages du Loir-et-Cher ?

Pour mieux connaître les paysages

L'Atlas des paysages du Loir-et-Cher est une ambitieuse entreprise lancée par le CAUE du Loir-et-Cher (Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement), en collaboration avec la DIREN Centre, partenaire financier. Il s'inscrit dans la politique nationale menée par le Ministère de l'écologie (MEDDAT) depuis de nombreuses années pour que, progressivement, chaque département dispose d'un atlas des paysages. Il répond à la demande de la Convention Européenne du Paysage, entrée en vigueur en France le 1er juillet 2006, qui prévoit un engagement d'identification et de qualification des paysages :

« Chaque Partie s'engage :
  • à identifier ses propres paysages, sur l'ensemble de son territoire ;
  • à analyser leurs caractéristiques ainsi que les dynamiques et les pressions qui les modifient ;
  • à en suivre les transformations ;
  • à qualifier les paysages identifiés en tenant compte des valeurs particulières qui leur sont attribuées par les acteurs et les populations concernés. »
Il a pour objectif de mettre à disposition de tous une connaissance précise des paysages du département, qui doit nourrir les politiques qualitatives d'aménagement du territoire conduites par l'État, la Région, le Département ou les groupements de communes dans leurs prérogatives respectives. Il a aussi pour ambition d'être suffisamment précis, concret et illustré pour nourrir les façons de « faire » dans les actions quotidiennes entreprises par les services techniques, les entreprises privées mais aussi les habitants, également acteurs du cadre de vie.

Pour mieux agir sur les paysages

Agir individuellement

Le paysage est bien une affaire de culture. C'est par ignorance ou facilité que les actions de transformations du territoire, quelles qu'elles soient, ignorent le contexte dans lequel elles sont appelées à s'inscrire. S'inscrire dans un paysage, pour une route, un quartier, une extension de village, une maison, un équipement, c'est déjà connaître et reconnaître l'existant : identifier les valeurs qui le composent pour les reprendre à son compte, les intégrer dans la conception et poursuivre ainsi l'œuvre de construction d'un cadre de vie agréable et de qualité. Dans un territoire modelé par les hommes depuis si longtemps, profondément humanisé, même dans les secteurs qui paraissent « naturels » comme la Sologne, on ne part jamais d'une page blanche. Le paysage est là, constitué, capable d'évoluer - c'est sa nature -, mais porteur aussi d'une personnalité qui fait de chaque site un cas particulier qui mérite cette attention à l'existant. L'Atlas, dans sa meilleure acception, a vocation à être source d'inspiration pour agir à bon escient.

Agir collectivement

Le paysage est aussi une affaire de culture partagée. Il n'est la préoccupation principale de personne, mais est le produit dérivé d'un grand nombre d'actions menées par beaucoup de monde : en ce sens il est le reflet d'une relation des hommes à leur environnement quotidien. Le maire qui étend sa commune et qui l'aménage, l'habitant qui dépose son permis de construire, qui repeint ses volets ou qui refait sa clôture, l'agriculteur et le viticulteur qui produisent, l'entrepreneur qui s'implante, l'ingénieur et le technicien qui redessinent la route ou le cours d'eau, l'Etat, les Régions, les Départements et les collectivités locales, qui réglementent, investissent et subventionnent dans les domaines de l'économie, du logement, de l'environnement, des infrastructures et des équipements, les associations qui prennent part aux débats et influent sur les décisions, sont chacun responsable de la qualité du cadre de vie.
La construction d'un regard partagé sur la qualité du territoire aide à agir, évite les blocages et les confrontations souvent caricaturales entre « protecteurs  » et « aménageurs ». Il passe par la mise à disposition d'une connaissance précise là encore accessible à tous. C'est bien la vocation de l'Atlas que de contribuer à construire ce regard.

Pour mieux construire le cadre de vie de demain

L'Atlas a vocation à préparer la définition d'objectifs de qualité paysagère et leur mise en œuvre. Extrait de la Convention Européenne du Paysage :

« Objectifs de qualité paysagère

Chaque Partie s'engage à formuler des objectifs de qualité paysagère pour les paysages identifiés et qualifiés, après consultation du public conformément à l'article 5.c.

Mise en œuvre

Pour mettre en œuvre les politiques du paysage, chaque Partie s'engage à mettre en place des moyens d'intervention visant la protection, la gestion et/ou l'aménagement des paysages ».

Avec un grand nombre d'acteurs de l'aménagement, et des pouvoirs très émiettés, le territoire ne peut plus être la seule résultante hasardeuse des actions des uns et des autres. Les meilleurs musiciens rassemblés en un même lieu produiront un épouvantable capharnaüm, malgré leur talent individuel, s'ils n'ont pas de partition commune. Il en va de même pour le cadre de vie.


Au-delà de la mise à disposition d'une connaissance, l'Atlas a ainsi également vocation à préparer un projet d'avenir pour la qualité du territoire, qui oriente les actions, les harmonise et leur donne sens. Une contribution à la construction d'une vision d'avenir et non plus seulement d'un regard.

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